François Massin – Iconomécanophile

Ico … quoi ?

Un beau mot qui rapporte beaucoup de points au Scrabble mais qui signifie tout simplement  “collectionneur d’appareils photo”. Et dans mon cas, “argentiques”. Avant les iPhones, avant le numérique, il y avait la photographie argentique, celle qui utilise des films. À l’époque ça s’appelait tout simplement la photographie, puisqu’il n’y avait que celle-là.

Ah, les trucs qui prennent la poussière sur des étagères ?

Pas vraiment. Ils faut qu’ils soient fonctionnels, je veux pouvoir les utiliser quand l’envie de travailler à l’ancienne me prend.

Ça t’a pris comment ?

Il y a un peu moins de 2 ans, je lisais un ènième article sur le dernier Canikon (*) sorti. On n’y parlait que de méga-pixels, de processeur, de vitesse d’auto-focus, du nombre d’images par seconde en rafale, etc.

Alors je me suis demandé où était la photo là-dedans. Comment on faisait avant. Un retour en arrière, un retour au calme d’imposait.

En fouillant sur Ebay, j’ai trouvé un Rolleicord de 1955 (Photo 1.jpg) à un prix intéressant. Mise au point manuelle, mesure de la lumière avec une cellule à main ou estimée (Sunny16) et un gros 12 photos possibles par film. On est loin du Spray & Pray J

Évidemment qui dit film dit développement. Les labos sont devenus très rares et surtout sont très coûteux. Comme j’utilise de la pellicule noir et blanc et que le développement en est assez permissif (La température autour de 20° à peu près),  je peux le faire sur le comptoir de la cuisine. Les chimies ne sont pas si chères et on a un contrôle sur ce que l’on fait. Voir son premier négatif sortir de la cuve vaut son pesant de $$

Ainsi, pour varier les plaisirs et les formats, j’ai commencé à récupérer ça et là de vieux appareils, principalement allemands. La “Deutsche Qualität” n’est pas un mythe.

C’est quoi le “trip” ?

Tenir entre ses mains un appareil souvent plus vieux que soi et qui fonctionne encore parfaitement. Imaginer quel a été son parcours, qui l’a eu entre les mains. Se spécialiser sur une marque pour être capable de déceler la version 2 du modèle 1 rien qu’en regardant la forme du viseur cadre. Et surtout prendre son temps, décrocher, entrer en zénitude.

Pour toi, le numérique c’est de la m*** ?

Non. Pas du tout. Je ne suis pas un intégriste, il y a une utilité aux boîtes à pixels aussi. Je n’imagine pas une seconde couvrir un évènement en argentique où il faut livrer le contenu le plus rapidement possible aux médias papiers et web.

Ton plus vieil appareil date de quand ?

Il est de 1926.

Un Voigtländer Avus Modell 1 (Voigtländer Avus) qui utilise non pas du négatif en rouleau mais en feuille, en plan-film de 9 cm par 12 cm. On fait une photo à la fois à la cadence échevelée d’une photo aux 15 minutes …

Le plus sommaire ?

Voigtländer Box de 1939. (Voigtländer Box) Plus simple que ça tu meurs. Une vitesse unique qui tourne autour du 1/30° de seconde. L’immense choix d’ouverture entre 1/16 (Très gros soleil) et 1/11 (Moins gros soleil) et pour finir, on cadre au jugé en regardant dans une mini fenêtre.

C’est quoi la suite ?

Profiter de l’hiver pour terminer la chambre noire et commencer à tirer sur papier

Et on peut les voir où tes antiquités ?

Par ici : https://www.flickr.com/photos/framas_photos/albums/72157649022824017/

Le mot de la fin ?

La photo argentique, l’expérience tactile

(*) Le nom a été changé par respect pour l’anonymat de l’appareil concerné